24.04.2008

J'ai lu le Géo découverte Hors-série "Les plus beaux musées de Paris"

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TERRES DE CULTURE
Patrimoniaux, historiques, ethnographiques... Les musées de la capitale offrent d’incroyables portes d’entrée dans le vaste monde. Une sorte de voyage immobile où l’esprit et le regard vagabondent, des chefs-d’œuvre africains du Quai Branly à ceux, asiatiques, de Guimet. Mais aussi des habitats contemporains de la Cité de l’architecture aux édifices virtuoses de verre et d’acier des musées de demain. L’offre est immense, d’une diversité infinie. Et le grand public est au rendez-vous. En 2006, quarante musées figuraient dans le Top 50 des sites les plus fréquentés de Paris. Au total, ils ont attiré 32,4 millions de visiteurs. L’art d’une visite s’apparente à l’art de la marche. Une marche où le regard reprend ses droits, celui d’une curiosité enfantine, perdue donc attentive .
ET AUSSI...
DESACRALISATION
Multipliant les services et les animations, les temples des arts sont devenus des hauts lieux de convivialité.

REVOLUTION
En 1977, l'ouverture du Centre Pompidou lance le renouveau des musées .

CATHEDRALES
Depuis trente ans, la valeur des musées dépend surtout de la beauté de leur architecture.

MOUVEMENT
Antennes régionales, structures mobiles, les musées se font nomades pour conquérir de nouveaux publics.

ET NOTRE SELECTION : Un choix d'ouvrages sur les musées de Paris et de sa région.

 
Le Hors-série N°25, " Les plus beaux musées de Paris "
est actuellement en kiosque.

http://www.geomagazine.fr/contenu_editorial/pages/geo_hor...

 

Parce que j'aime les musées, Paris, la presse papier et les beaux magazines.

08.04.2008

J'ai lu le Figaro magazine du 15 mars 2007

Avec notamment, la révélation de Horst Rippert qui dit avoir abattu Saint-Exupéry

Un superbe article sur l'exposition consacrée à l'art animalier à la Piscine de Roubaix:

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/03/15/01006-...

Sur la Russie blanche:

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/03/18/01006-...

Les îles anglo-normandes

Le salon du livre bien sûr et en particulier Des écrivaines israéliennes

ETC.

30.03.2008

Je viens de lire:Arts Actualité Magazine de mars-avril 2008

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PAUL KLEE
VICTOR HUGO
LE SALON DU DESSIN
UTRILLO VALADON UTTER
LES GRANDS SURREALISTES DE LA PEINTURE MEXICAINE

 
http://www.info-presse.fr/revue/arts-actualite-magazine_M...

Je viens de lire: Connaissance des arts de mars 2008

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Avec "Ces femmes qui ont révolutionné l'art" dont certaines que j'aime particulièrement comme Kiki, la reine des Montparnos(une catégorie à son nom) ou Nikki de Saint-Phalle.

http://www.connaissancedesarts.com/actu/articles/oeuvres-...

27.03.2008

Je viens de lire: Arts magazine de mars 2008

985274935.jpget au sommaire du numéro d'avril(je ne sais pas si je le trouverais ici):

La vie de l’art

6 Actu

Événements, débats, initiatives.

10 Biz’art

Tout ce qui nous a amusés ou énervés.

12 La chronique du néophyte

Un GPS pour Indiana Jones (notre reporter cobaye perdue au Louvre).

16 On en parle

Penck le primitif et Closky l’antipub.

18 Secrets de fabrication

George Rousse, explique comment il fait un rond avec une cabane de béton.

20 Enquête

L’armée de l’ombre de l’art contemporain.

24 Shopping

Stars du design, en version immaculée.

À voir

26 Barbier-Mueller

Les fleurons du plus grand collectionneur d’arts premiers, exposés à Paris.

36 Daumier

Le dessinateur satiriste fait face à ses héritiers grâce à deux expos parisiennes.

40 Odilon Redon

Avignon rend hommage à l’énigmatique et inclassable artiste.

42 Marie-Antoinette

La reine mécène et ses goûts.

44 Dans les galeries

Notre choix pour avril.

Dossier

48 Quand les artistes créent des jardins

Des délires de Niki de Saint Phalle aux lignes pures des paysagistes, le végétal se fait sculpture ou... tableau.

L’art dans la vie

64 Voyage

Nos suggestions pour un week-end en Ombrie, l’autre berceau de la Renaissance.

71 Métier d'art

Le canut de Saint-Georges, à Lyon.

74 Portfolio

Bijoux d’artistes. Quand Calder, César ou Picasso jouaient aux joailliers.

Comprendre

80 Histoires de l’art

Ça bouge, mais comment ? Un défi pour les artistes : donner l’illusion du mouvement.

88 La chronique de Christian Monjou

Le point de vue décalé de notre expert sur Francisco de Zurbarán.

90 Architecture

La tour vertigineuse de Malmö, en Suède. Un architecte, un style, un défi.

92 Le coin du collectionneur

Pourquoi s’inscrire à une artothèque ? Nos expertises gratuites

94 Livres

Les dernières sorties.

L’agenda

97 Le guide des meilleures expos du moment

 

Et aussi

4 De nous à vous… de vous à nous.

Édito, invitations, rencontre, débats, courriers...

114 Quiz

La science au secours de l’art. Enquêtez !

http://www.artsmag.fr/article.php?menu=2&fichier=arti...

18.03.2008

J'ai lu ce mois-ci le magazine Muze

1021183508.jpgComme ça m'arrive lorsque les sujets traités m'intéressent:le dossier "Je veux écrire", un article sur Thomas Mann et sa "Montagne magique", un interview de Ruth Rendell, la reine du polar, etc.

Même si je ne lis plus(depuis assez longtemps) les magazines féminins.

Car je trouve que celui-ci est plus culturel et littéraire que féminin.

Muze de mars 2008:

Dans la foule de lecteurs qui va se précipiter au Salon du Livre de Paris dès le 14 mars, nombreux sont ceux qui écrivent eux-mêmes et rêvent d'être publiés. À tous ces lecteurs, Muze propose ce mois-ci un dossier spécial et donne tous les conseils des pros pour écrire et être publié.

Israël est l'invité d'honneur du Salon cette année : pour découvrir sa littérature, Muze présente huit auteurs essentiels et leurs meilleurs romans.

Muze a  rencontré ses lecteurs, le samedi 15 mars à 15h45 sur le stand Bayard (stand J 55).

Salon du Livre de Paris
14-19 mars 2008
Paris Expo
Porte de Versailles - Hall 1

Muze, premier magazine féminin culturel
CULTURE / ALLURE / LITTÉRATURE
Échanger des idées, nourrir toutes les envies de lecture, donner à voir, croiser les repères, cultiver sa différence, partager l'actu, provoquer des rencontres, affirmer son style... C'est chaque mois l'esprit de Muze.

Contact presse : Dorothée Leclère
01 44 35 65 77 - dorothee.leclere@bayard-presse.com

Plus de Muze sur www.muze.fr

http://www.bayardpresse.com/index.php/fr/articles/actu/id...

Je suis en train de lire L'express du 13 mars 2008

Avec entre autres:

-un supplément sur Saint-Quentin(Aisne) en 1950

-un interview exclusive de Dany Boon

-un article sur les experts de la police, les vrais

- l'inévitable dossier sur le Salon du livre: la guerre silencieuse des romancières israéliennes

27.07.2007

Lire de juillet, dossier "correspondance des écrivains" 2

Dans l'intimité de Violette Leduc

par Christine Ferniot
Lire, juillet 2007

 Adressées en particulier à Simone de Beauvoir et à Jacques Guérin, ses lettres sont pleines de fougue.

C'est à la parution de son autobiographie, La bâtarde, en 1964 que Violette Leduc connaît un succès fulgurant qui la transforme en phénomène de foire. Une reconnaissance tardive pour cette femme qui écrit depuis vingt ans, appréciée de quelques amis et soutenue, entre autres, par deux fidèles: Simone de Beauvoir et Jacques Guérin. C'est à eux deux que s'adressent la plupart de ses lettres. «Violette Leduc était une épistolière infatigable, voire obsessionnelle», rappelle Carlo Jansiti dans sa préface, et cette correspondance est une oe; uvre en soi. On y retrouve sa fougue, sa liberté de ton, ses combats de femme libre d'aimer, son indépendance de point de vue dans le domaine privé comme dans les goûts littéraires. Des années durant, Violette déclare sa passion à Simone de Beauvoir qui lui oppose une totale indifférence sentimentale mais une fidélité amicale sans faille. «Je vous aime et vous m'inspirez un seul amour, la chasteté, le silence, la vie monacale, la discrétion, l'effort d'écrire», envoie-t-elle au Castor en 1949. Beauvoir est sa lectrice privilégiée, la conseillant, admirant son écriture tourbillonnante. Rien ne devrait rapprocher les deux femmes, mais Simone est sensible au talent et à l'intrépidité de Violette tandis que la jeune femme écoute passionnément celle qui lui «insuffle la force d'écrire».

Violette aime la «voix rauque» de Simone, sa beauté, son élégance. Elle le lui répète sans cesse et le note également dans des récits comme La folie en tête. Le petit mot, le pneumatique sont pour l'écrivain un moyen d'exprimer ses émotions, ses impuissances. Même chose avec Jacques Guérin, son ami et admirateur. Violette tombe amoureuse de cet homosexuel, et sa passion à sens unique ne fait qu'aiguiser son désir, elle qui cherche toujours l'impossible, provoquant sans cesse pour mieux se sentir rejetée. Dans ses récits, son autobiographie comme dans sa correspondance, Violette Leduc plonge dans l'autofiction avant même que le mot ne soit inventé, gommant l'éventuelle différence entre l'écriture privée et le récit public, la réalité et la fiction. Quand ment-elle? C'est la question qu'elle se pose à chaque fois qu'elle écrit une lettre, une page, un roman, revenant immanquablement au sens de la création, de l'authenticité portée par cette écriture exaltée qui reste inoubliable.


Correspondance 1945-1972
Violette Leduc
Gallimard
500 pages.
Prix : 27 € / 177,11 FF.

Source:http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=51471/idR=200

18.07.2007

Lire de juillet, dossier "correspondance des écrivains" 1

Ce que révèle la correspondance des écrivains

par Jean Montenot
Lire, juillet 2007

 Genre littéraire aux contours mal définis, l'échange épistolaire nous renseigne sur l'écrivain, ses petits travers et ses grands soucis. Mais il permet aussi de donner un éclairage à une oeuvre et d'entrer dans l'intime d'une pensée et d'une création.

Faut-il lire la correspondance de ses écrivains de prédilection? A quoi bon s'attacher à des textes qui, pour la plupart d'entre eux, ne sont pas destinés à être lus comme des textes littéraires? Est-il utile, pour apprécier La comédie humaine, de pénétrer dans l'intimité de l'homme Balzac, de le voir quotidiennement obsédé par les questions d'argent? Pourtant auteur de l'une des plus intéressantes correspondances d'écrivains, Flaubert en doute. Tandis qu'il achève la lecture de la correspondance de Balzac, qui venait alors de paraître (1876), il ne cache pas sa déception à sa nièce Caroline: «Comme il s'inquiète peu de l'Art! [...] que d'étroitesses! légitimiste, catholique [...] rêvant de la députation [...]. Avec tout cela ignorant comme un pot et provincial jusque dans les moelles: le luxe l'épate.» La correspondance des écrivains n'est-elle donc que de la «paralittérature», riche, au mieux, de copeaux d'oe; uvres qui, seules, méritent de retenir l'attention? De «l'hypertexte privé», comme l'enseignent, dans leur jargon savant, nos universitaires? Et peut-on mettre sur un même plan les correspondances qui relèvent du «gribouillage imbécile» et de «l'inondation du bavardage humain» (Barbey d'Aurevilly), et celles qui, telles certaines lettres de Flaubert, fourmillent d'indications précieuses sur les sentiments profonds de l'homme ou sur les intentions de l'écrivain au moment de la gestation de ses oe; uvres?

Le paradoxe de l'épistolier
«Le meilleur de nous n'est pas destiné au papier à lettres», affirmait sans ambages Mallarmé qui admettait «crayonner» ses lettres «le plus salement possible pour en dégoûter [ses] amis». Pour celui qui professe que «le monde est fait pour aboutir à un beau livre1», on n'est écrivain que lorsqu'on fait oe; uvre littéraire. Le sacerdoce de l'homme de lettres exige de ne pas mêler l'eau pure de la littérature à l'eau trouble des missives qui charrient pêle-mêle les alluvions de l' «universel reportage» et les confidences privées. Mais aux yeux du plus grand nombre, un écrivain ne cesse pas forcément de l'être lorsque, au lieu d'écrire pour la postérité, il s'adresse à ses contemporains. Il y a cependant une différence notable de situation entre l'écrivain et l'auteur de lettres. Amis, rivaux, parents, amants, créanciers, éditeurs, critiques, hommes politiques, etc., les destinataires d'une correspondance ont ceci de particulier qu'ils peuvent exercer une influence sur la vie de l'écrivain, ce qui n'est pas sans effet sur la manière dont il leur exprime (ou leur dissimule) sa pensée. C'est cette situation paradoxale de l'écrivain épistolier qui confère à la lettre son statut d'objet singulier dans le monde des Lettres. Il y a certes des lettres qui tiennent du monologue ou qui s'apparentent au journal intime, faisant parfois office de journal de bord de l'oe; uvre littéraire. Ces lettres peuvent être lues en faisant abstraction du contexte de leur rédaction et sans le secours de présentation critique, le destinataire y est d'ailleurs réduit au rang de simple faire-valoir. Mais, dans l'ensemble très varié de la correspondance des écrivains, ces lettres forment plutôt l'exception que la règle.

Le genre épistolaire est à vrai dire un genre protéiforme, et la lettre, un objet difficilement identifiable du point de vue littéraire. Longues missives ou courts billets, les lettres sont privées ou publiques, confidentielles ou ouvertes, censées exprimer l'intime ou destinées à exercer une action sur le monde, fagotées à sauts et gambades ou rédigées dans les règles de l'art. «Chose si multiple, et variant presque à l'infini2», lit-on chez Erasme, qui fut un grand épistolier, qu'on n'a pas fini d'en recenser les formes. La correspondance dépend en plus des aléas de sa transmission, du choix des éditeurs et, parfois, des nécessités matérielles. Ces parerga, ces «hors oe; uvre», que sont les lettres d'écrivains, se présentent ainsi souvent en extraits, dans des morceaux choisis, sans les réponses des destinataires, à sens unique pour ainsi dire. Il est vrai que personne, à part les éditeurs de ces correspondances, quelques spécialistes, érudits ou monomaniaques, ne se lancerait dans la lecture suivie de la volumineuse correspondance de Voltaire ou de Proust. Il faut l'admettre: les correspondances d'écrivains ne sont pas des oe; uvres aux contours bien délimités. Elles sont même rarement complètes. Il n'est pas rare qu'en cours d'édition, ayant retrouvé un document ou après avoir obtenu des ayants droit de l'écrivain qu'ils acceptent de publier des lettres jusqu'alors soustraites à la connaissance du public, les éditeurs de «correspondances» les incluent en cours de route dans des volumes additionnels ou des suppléments. La correspondance acquiert ainsi un statut de work in progress: avec le temps, au gré des éditions, les correspondances d'écrivains se décantent et tendent ainsi à devenir d'authentiques oe; uvres littéraires.

«J'ai de quoi faire durer les noms que je mène avec moi!»
Il s'en faut que la lettre soit une pratique récente. Il y a toujours eu des correspondances à portée, sinon à valeur, littéraire. Des lettres (probablement apocryphes) évoquaient les ennuis de Platon lors de ses séjours auprès des tyrans de Syracuse; des lettres résument l'essentiel de la doctrine d'Epicure. C'est aussi dans une correspondance que Sénèque prodigue à Lucilius ses conseils sur la manière de mener une vie conforme à la vertu. Une partie de la doctrine du Nouveau Testament est transmise sous formes d'épîtres, dont Paul, Pierre, Jacques ou Jude sont les auteurs supposés. Lettres encore (peut-être inauthentiques, certains spécialistes y voient la plume de Jean de Meung), le récit des amours malheureuses d'Héloïse et d'Abélard. Elles forment même, selon Denis de Rougemont, le «premier grand roman d'amour passion» de notre littérature. La pratique épistolaire est aussi ancienne que l'activité littéraire. Il arrive parfois que l'épistolier prenne conscience, chemin faisant, de la valeur littéraire de ses lettres. En décidant de publier leur correspondance, et d'écrire pour la postérité, Sénèque fait miroiter à Lucilius une gloire posthume: «Ce qu'Epicure a pu promettre à son ami, je le promets à toi, Lucilius. J'aurais crédit chez la postérité; j'ai de quoi faire durer les noms que je mène avec moi!» (lettre 21). Fatuité? Orgueil? En tout cas, Lucilius, qui ne semble pas avoir été un personnage de second ordre, se prend au jeu au point de reprocher à Sénèque son style relâché (lettre 75). Sénèque lui répond qu'il tient à ce que ses lettres soient écrites «sans rien de recherché, ni d'artificiel», pour donner le change, comme si le tiers lecteur devait surprendre les protagonistes de la correspondance en train de converser «en tête-à-tête, paresseusement assis ou à la promenade» (ibid.). On pourra légitimement soupçonner toute correspondance destinée à la publication d'être, comme celle de Sénèque, un peu factice, et la spontanéité de l'épistolier, tributaire des astuces de l'écrivain. Nombre de «lettres» ont ainsi été écrites, par-delà leur destinataire déclaré, pour d'autres lecteurs. Paradoxalement, le mode de l'adresse personnelle permet de toucher le plus grand nombre. Que la lettre ait été, avec le sermon, le genre littéraire dominant au Moyen Age n'est donc qu'un paradoxe apparent: ces deux formes d'expression sont en fait complémentaires et répondent à des codes d'écriture assez contraignants.

Une affaire de femmes?
Un autre poncif veut que la correspondance soit un genre d'écriture féminin. On sait qu'à l'âge classique on répugne à s'étendre sur le «moi haïssable». L'esprit, quand il s'attarde sur soi, est toujours un peu la dupe des sentiments, et la pudeur et la bienséance s'opposent à l'étalage des intermittences du coe; ur. Les correspondances privées sont ainsi perçues comme un genre d'écrit spécifiquement féminin, genre secondaire, où l'esprit de spontanéité et la délicatesse naturelle des femmes trouvent un espace propice à leur épanouissement. Le jugement de La Bruyère fait alors autorité: «Ce sexe va plus loin que le nôtre dans ce genre d'écrire. Elles trouvent sous leur plume des tours et des expressions qui souvent en nous ne sont l'effet que d'un long travail et d'une pénible recherche» (Les caractères). Un préjugé tenace: «Genre épistolaire: genre exclusivement réservé aux femmes», écrit encore Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues. Les lettres de Mme de Sévigné forment, il est vrai, l'archétype de l'écriture privée devenue littérature. Mais si Mme de Sévigné accède à la gloire littéraire en tant qu'épistolière - ses lettres étaient lues en petit comité d'ami(e) s - la correspondance demeure en fait une pratique essentiellement masculine. Voiture, Guez de Balzac et Chapelain doivent leur (relative) consécration littéraire à l'édition de leur correspondance. Et qui veut connaître le fond de la pensée cartésienne en matière de morale se doit de lire les lettres de Descartes à la princesse Elisabeth. Le même Descartes avait d'ailleurs bien conscience de l'importance de sa correspondance «privée». Pour la diffusion de sa pensée, son ami, le père Marin Mersenne, faisait ainsi à la fois figure de correspondant privilégié, de «boîte aux lettres» et d'attaché de presse avant la lettre. Les provinciales, dans un tout autre registre il est vrai, participent aussi du genre épistolaire: on ne saurait donc cantonner la correspondance à l'expression des sentiments délicats, encore moins en faire un genre proprement féminin.

Le roman épistolaire et l'âge d'or de la correspondance
Plus soutenable, l'idée que la correspondance offre à l'écrivain un espace d'expression de ses sentiments plus authentique, plus libre. Et sans doute n'est-ce pas un hasard si le siècle des Lumières, qui voit réhabiliter l'expression littéraire des sentiments privés - le «charmant projet» qu'a eu Montaigne de se peindre, écrit Voltaire en réponse à Pascal - est aussi celui de l'âge d'or de la correspondance littéraire. Les lettres des uns et des autres sont lues dans les salons. L'un des signes notables du phénomène est le développement d'une mode, ou plutôt d'un procédé nouveau: le roman épistolaire. A l'origine de cette mode: le succès des Lettres portugaises, attribuées à une religieuse portugaise, parues anonymement en 1669 et dont l'auteur, Guilleragues, n'était ni religieuse ni portugaise. La fiction épistolaire connaît alors sa moisson de chefs-d'oe; uvre, avec les Lettres persanes (1721) de Montesquieu, les Lettres philosophiques (1734) de Voltaire, plus tard La nouvelle Héloïse (1761) de J.-J. Rousseau ou Les liaisons dangereuses (1782) de Choderlos de Laclos. Cette littérature épistolaire ne relève bien sûr pas stricto sensu de l