18.07.2008
Dans ma lecture du"Journal d'Hélène Berr"
Ce qui est surprenant dans ce journal qui raconte une destinée tragique, c'est la coexistence dans une même page de cette réalité tragique et de l'amour de la littérature.
Par exemple, page 51: Blake(que j'ai déjà evoqué) et
"Maman est venue m'annoncer la nouvelle de l'étoile jaune,je l'ai refoulée en disant:"Je discuterai cela après."
J'ai terminé ce livre mais il continue à me hanter.
11:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livre, journal d'hèlène berr
17.07.2008
Je viens de lire:"L'inconnu et autres récits" de Julien Green
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http://www.sauramps.com/article.php3?id_article=3615
Je vais maintenant le ramener à la bibliothèque...
09:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livre, julien green
16.07.2008
Dans ma lecture du "Journal" d'Hélène Berr 2.
Page 42, Hélène Berr évoque "J'ai pleuré en rêve" d'Henri Heine:
J’ai pleuré en rêve ! je rêvais que tu étais morte ! je m’éveillai, et les larmes coulèrent de mes joues.
J’ai pleuré en rêve ! je rêvais que tu me quittais ! je m’éveillai, et je pleurai amèrement longtemps après.
J’ai pleuré en rêve ! je rêvais que tu m’aimais encore ! je m’éveillai, et le torrent de mes larmes coule toujours.
Toutes les nuits je te vois en rêve, et je te vois souriant gracieusement, et je me précipite en sanglotant à tes pieds chéris.
Tu me regardes d’un air triste, et tu secoues ta blonde petite tête ! de tes yeux coulent les perles humides de tes larmes.
Tu me dis tout bas un mot, et tu me donnes un bouquet de roses blanches. Je m’éveille, et le bouquet est disparu, et j’ai oublié le mot.
La pluie et le vent d’automne hurlent et mugissent dans la nuit ! où peut se trouver à cette heure ma pauvre, ma timide enfant ?
Je la vois appuyée à sa fenêtre, dans sa chambrette solitaire ! les yeux remplis de larmes, elle plonge ses regards dans les ténèbres profondes.
Le vent d’automne secoue les arbres, la nuit est humide et froide ! enveloppé d’un manteau gris, je traverse à cheval le bois.
Et tandis que je chevauche, mes pensées galopent devant moi ! elles me portent léger et joyeux à la maison de ma bien- aimée.
Les chiens aboient, les valets paraissent avec des flambeaux ! je gravis l’escalier de marbre en faisant retentir mes éperons sonores.
Dans une chambre garnie de tapis et brillamment éclairée, au milieu d’une atmosphère tiède et parfumée, ma bien-aimée m’attend. Je me précipite dans ses bras.
Le vent murmure dans les feuilles, le chêne chuchote dans ses rameaux : « Que veux-tu, fou cavalier, avec ton rêve insensé ? »
Une étoile tombe de son étincelante demeure, c’est l’étoile de l’amour que je vois tomber !
Il tombe des pommiers beaucoup de fleurs et de feuilles blanches ! les vents taquins les emportent et se jouent avec elles.
Le cygne chante dans l’étang, il s’approche et s’éloigne du rivage, et, toujours chantant plus bas, il plonge dans sa tombe liquide.
Tout alentour est calme et sombre ! feuilles et fleurs sont emportées ! l’étoile a tristement disparu dans sa chute, et le chant du cygne a cessé.
Un rêve m’a transporté dans un château gigantesque, rempli de lumières et de vapeurs magiques, et où une foule bariolée se répandait à travers le dédale des appartements. La troupe, blême, cherchait la porte de sortie en se tordant convulsivement les mains et en poussant des cris d’angoisse. Des dames et des chevaliers se voyaient dans la foule ! je me vis moi-même entraîné par la cohue.
Cependant, tout à coup je me trouvai seul, et je me demandai comment cette multitude avait pu s’évanouir aussi promptement. Et je me mis à marcher, me précipitant à travers les salles, qui s’embrouillaient étrangement. Mes pieds étaient de plomb, une angoisse mortelle m’étreignait le cœur ! je désespérai bientôt de trouver une issue. — J’arrivai enfin à la dernière porte ! j’allais la franchir… O Dieu ! qui m’en défend le passage ?
C’était ma bien-aimée qui se tenait devant la porte, le chagrin sur les lèvres, le souci sur le front. Je dus reculer, elle me fit signe de la main ! je ne savais si c’était un avertissement ou un reproche. Pourtant, dans ses yeux brillait un doux feu qui me fit tressaillir le cœur. Tandis qu’elle me regardait d’un air sévère et singulier, mais pourtant si plein d’amour,… je m’éveillai.
La nuit était froide et muette ! je parcourais lamentablement la forêt. J’ai secoué les arbres de leur sommeil, ils ont hoché la tête d’un air de compassion.
Au carrefour sont enterrés ceux qui ont péri par le suicide ! une fleur bleue s’épanouit là ! on la nomme la fleur de l’âme damnée.
Je m’arrêtai au carrefour et je soupirai ! la nuit était froide et muette. Au clair de la lune, se balançait lentement la fleur de l’âme damnée.
D’épaisses ténèbres m’enveloppent, depuis que la lumière de tes yeux ne m’éblouit plus, ma bien-aimée.
Pour moi s’est éteinte la douce clarté de l’étoile d’amour ! un abîme s’ouvre à mes pieds : engloutis-moi, nuit éternelle !
La nuit s’étendait sur mes yeux, j’avais du plomb sur ma bouche ! le cœur et la tête engourdis, je gisais au fond de la tombe.
Après avoir dormi, je ne puis dire pendant combien de temps, je m’éveillai, et il me sembla qu’on frappait à mon tombeau.
— « Ne vas-tu pas te lever, Henri ? Le jour éternel luit, les morts sont ressuscités : l’éternelle félicité commence. »
— « Mon amour je ne puis me lever car je suis toujours aveugle ! à force de pleurer, mes yeux se sont éteints. »
— « Je veux, par mes baisers, Henri, enlever la nuit qui te couvre les yeux ! il faut que tu voies les anges et la splendeur des cieux. »
— « Mon amour, je ne puis me lever ! la blessure qu’un mot de toi m’a faite au cœur saigne toujours. »
— « Je pose légèrement ma main sur ton cœur, Henri ! cela ne saignera plus ! ta blessure est guérie. »
— « Mon amour, je ne puis me lever, j’ai aussi une blessure qui saigne à la tête ! je m’y suis logé une balle de plomb lorsque tu m’as été ravie. »
— « Avec les boucles de mes cheveux, Henri, je bouche la blessure de ta tête, et j’arrête le flot de ton sang, et je te rends la tête saine. »
La voix priait d’une façon si charmante et si douce, que je ne pus résister ! je voulus me lever et aller vers la bien-aimée.
Soudain mes blessures se rouvrirent, un flot de sang s’élança avec violence de ma tête et de ma poitrine, et voilà que je suis éveillé.
Il s’agit d’enterrer les vieilles et méchantes chansons, les lourds et tristes rêves ! allez me chercher un grand cercueil.
J’y mettrai bien des choses, vous verrez tout à l’heure ! il faut que le cercueil soit encore plus grand que la tonne de Heidelberg.
Allez me chercher aussi une civière de planche solides et épaisses ! il faut qu’elle soit plus longue que le pont de Mayence.
Et amenez-moi aussi douze géants encore plus forts que le saint Christophe du dôme de Cologne sur le Rhin.
Il faut qu’ils transportent le cercueil et le jettent à la mer ! un aussi grand cercueil demande une grande fosse.
Savez-vous pourquoi il faut que ce cercueil soit si grand et si lourd ? J’y déposerai en même temps mon amour et mes souffrances.
Belles et pures étoiles d’or, saluez ma bien-aimée dans son lointain pays. Dites-lui mon cœur toujours malade, ma pâleur et ma fidélité.
Enveloppe-moi de tes caresses, ô belle femme, bien-aimée ! Entoure-moi de tes bras et de tes jambes et de tout ton corps flexible.
C’est ainsi que le plus beau des serpents procéda avec le bien heureux Laocoon.
Je ne crois pas au ciel dont parle la prêtraille ! je ne crois qu’à tes yeux qui, pour moi, sont le ciel.
Je ne crois pas au Seigneur Dieu dont parle la prêtraille ! je ne crois qu’à ton cœur et n’ai pas d’autre Dieu.
Je ne crois pas au Diable, à l’Enfer et à ses tourments ! je ne crois qu’à tes yeux et à ton cœur perfide.
Amitié, amour, pierre philosophale, j’entendais célébrer ces trois choses ! je les ai célébrées et je les ai cherchées, mais hélas ! je ne les ai jamais rencontrées.
Les fleurs regardent toutes vers le soleil étincelant ! tous les fleuves prennent leur course vers la mer étincelante.
Tous les lieder vont voltigeant vers mon étincelante aimée. Emportez-lui mes larmes et mes soupirs, ô lieder tristes et dolents !
http://fr.wikisource.org/wiki/Intermezzo_lyrique_(Heine,_...)
Pour lire le début de ce poème,cf.ci-dessous.
Pour voir mes 2 autres notes sur ce livre:
http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2008/07/10/je-vi...
http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2008/07/10/dans-...
08:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livre, journal d'hélène berr
11.07.2008
Dans ma lecture du "Journal" d'Hélène Berr
Préface par Patrick Modiano:"Son courage, sa droiture, la limidité de son coeur m'évoquent le vers de Rimbaud:
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.(page 11)
Première page de son journal, mardi 7 avril 1942, 4 heures (page 18 du livre): Hélène Berr va chercher chez Paul Valéry un exemplaire de son livre qu'il lui a dédicacé ainsi:
"Au réveil, si douce la lumière, et si beau ce bleu vivant."
"Hélène Berr donne à ses amis le nom de héros de roman." (p.28)
Hélène Berr est "bibliothécaire bénévole à l'Institut d'anglais de la Sorbonne"(p.35) A la fin du livre, figure une liste de ses lectures qui comptent beaucoup d'auteurs que j'aime.
Cf ma note sur ce livre:
http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2008/07/10/je-vi...
00:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : livre, hélène berr
10.07.2008
Je viens de commencer:"Hélène Berr.Journal"
« Si j'écris tous ces petits détails, c'est parce que maintenant la vie s'est resserrée, que nous sommes devenus plus unis, et tous ces détails prennent un intérêt énorme »
Résumé du livre
D'avril 1942 à février 1944, Hélène Berr, jeune Française juive de vingt et un ans issue d'une famille aisée et mélomane, agrégative d'anglais à la Sorbonne, a tenu son journal au jour le jour. Sa vie insouciante est bouleversée par les lois antisémites de 1942.
http://www.evene.fr/livres/livre/helene-berr-journal-3275...
09:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : livre, journal d'hélène berr
Je viens de terminer:"Deux vies" de Vikram Seth
C'est l'histoire d'un couple improbable, composé du grand-oncle de Vikram Seth, Shanti Behari Seth, né en Inde, et de sa femme, juive et allemande, Henny Gerda Caro. Tous deux se rencontrent à Berlin dans les années 1930, quand Shanti, étudiant en médecine dentaire, devient le locataire de la famille Caro. Vikram fera la connaissance de cette tante si élégante à ses yeux, quand il se rendra lui-même à Londres pour habiter chez elle et son mari afin de poursuivre ses études à l'université. La relation qui s'établit entre ces trois personnages est emplie de mystère, comme si ni Shanti, ni Henny, pas plus que le jeune étudiant indien, ne parvenait à assumer son identité. Pris en étau entre un oncle volubile pour ne pas avoir quelque chose à cacher, et cette tante si froide et distante, mais dont la tendresse se lit à fleur de peau, le jeune homme se sent tout à la fois exclu de son milieu d'adoption et pressé d'en percer le secret. Bien des années plus tard, c'est dans la correspondance que Henny entretint avec ses vieux amis restés ou revenus à Berlin après la guerre qu'il découvrira le terrible secret.
http://www.evene.fr/livres/livre/vikram-seth-deux-vies-26...
Ca faisait très longtemps que je n'avais pas lu un livre de 574 pages (hors les polars)... et je n'ai pas été déçue après en avoir entendu beaucoup parler. Emouvant, instructif,drôle, triste etc. Bien plus qu'une "chronique familiale" comme l'indique la couverture, une traversée du 20 e siècle avec ses tragédies qui touchent des personnages attachants. Des bonheurs aussi, rassurez-vous...08:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : livre, deux vies", vikram seth
08.07.2008
"Trains de vie" d'Eugène Dabit
'Je pense qu'un écrivain doit dégager le sens de toutes les rencontres et des documents que le hasard lui apporte.' Ce recueil de nouvelles, publiées quelques mois avant la mort d'Eugène Dabit en 1936, est une série de portraits de gens simples tels qu'il les aime. Il ajoute aussi quelques pages très personnelles sur sa jeunesse en 1914-18. 'Train de Vies' est suivi de 'Velázquez', seconde partie de son essai consacré aux Maîtres de la peinture espagnole. Des pages critiques étonnamment contemporaines. Histoire de se souvenir qu'avant d'être écrivain, Eugène Dabit a été peintre.
http://www.evene.fr/livres/livre/eugene-dabit-trains-de-v...
09:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livre, dabit
04.07.2008
Que lire cet été ??
Au moment de boucler la valise, revient la question cruciale... Quels bouquins emporter ?
Pour vous éviter de douloureuses interrogations (les œuvres complètes de Proust ou le dernier Vargas qui sera avalé en deux jours ?), nous vous avons préparé une petite sélection, en prévision du prochain festival Lettres d'Automne qui sera consacré à la romancière Lydie Salvayre.
Profitez donc de l'été pour découvrir ces auteurs que vous rencontrerez en novembre :
-> Lydie Salvayre
La puissance des mouches (Seuil 1995)
"L'homme qui se raconte tout au long de ce livre est un être que rien ne prédisposait à parler de la sorte, à coups de sarcasmes et de citations, d'injures et d'envols lyriques, de phrases grand style et d'autres enragées..."
La compagnie des spectres (Seuil 1997)
"Pendant la visite d'un huissier, chargé de dresser un inventaire avant saisie, deux femmes, à Créteil, revivent l'Occupation...“
Les belles âmes (Seuil 2000)
"Dans ce roman, Lydie Salvayre suit le périple touristique d'un groupe de nantis en quête de bonne conscience et dénonce, avec une cinglante ironie, l'hypocrisie de certains discours humanitaires...“
La bibliographie complète de Lydie Salvayre est sur notre site internet : www.confluences.org/lettres
-> Pierre Senges
Fragments de Lichtenberg (Verticales 2008)
"En à peine plus d’un demi siècle, Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799) a eu le temps d’être : un bossu • un mathématicien • un professeur de physique • un amateur de pâté de lièvre • un adversaire de la physiognomonie • un solitaire • un théoricien de la foudre • un amateur de jupons • un ami du roi George III d’Angleterre • un asthmatique • un défenseur de la raison • un hypocondriaque • un moribond • et l’auteur de huit mille fragments plus ou moins brefs écrits à l’encre et à la plume d’oie."
-> Olivia Rosenthal
On est pas là pour disparaître (Verticales 2007)
Ce livre part du portrait d’un homme atteint de la maladie d’Alzheimer pour saisir sur le vif ce qu’est la perte de la mémoire, de la parole et de la raison. Avec ce septième livre optimiste et désespéré, Olivia Rosenthal confirme son talent et son inventivité langagière.
-> Philippe Adam
Ton petit manège (Verticales 2008)
"Dans les douze nouvelles de ce petit manège, les monstres galopent avec les obsédés, personne n’est calme, de vieux enfants pensent à leurs jouets, ils croisent des mourants, on part en voyage, on va en boîte, les filles trottinent, on drague au camping, rien ne se passe comme prévu, on déménage et on a peur de son nouvel appartement, tout le monde court, tout le monde a quelque chose à fuir mais à part ça, c’est décidé, tout va bien."
Et n'hésitez pas à vous (re)plonger dans les livres d'Alberto Manguel, Charles Juliet ou encore Jean-Claude Mourlevat, tous trois nous feront le plaisir de participer de nouveau aux Lettres d'Automne.
Pour avoir un avant-goût de cette 18e édition de Lettres d'Automne, allez jeter un œil sur www.confluences.org/lettres
Bel été, et belles lectures à tous !
12:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : livres, été




